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AW #1 : Les cyanobactéries : pour le meilleur et pour le pire

Les cyanobactéries : pour le meilleur et pour le pire

Par Jean Marc FREMY

 

Ce ne sont plus tout à fait des bactéries, ces bactéries bleu vertes, appelées même “algues bleu vertes”. En effet il y a 2,5 milliards d’années proliférant dans l’eau de notre jeune planète ces bactéries ont “inventé” un organite chlorophyllien, les rendant donc capable de faire la photosynthèse. Elles ont ainsi initié le processus d’utilisation du CO2 alors majoritaire et la production d’O2, faisant basculer l’atmosphère de cette planète : bénéfice inestimable. Elles sont aussi bourrées de nutriments et consommées depuis des siècles par des populations. La face sombre est que certaines espèces produisent des toxines capables de provoquer des désordres graves chez les animaux et surtout l’être humain, tels que l’OMS et les autorités sanitaires ont été amenées à réglementer cette occurrence toxique. Ce risque est accentué avec leur prolifération du fait de l’évolution climatique associant élévation du CO2 et de la température. Néanmoins, des technologies innovantes sont en cours d’application basées sur leur aptitude photosynthétique, pour produire de l’O2 en milieux hostile ou confiné : un retour vers le futur…

AW #3 : Sport et Microbiote – ce qu’il faut savoir en 2023

Sport et Microbiote – ce qu’il faut savoir en 2023 

 

Chaque personne possède dans son appareil digestif de très nombreuses bactéries virus, parasites et champignons non-pathogènes qui forment ensemble un vrai écosystème appelé flore intestinale ou maintenant plus communément microbiote. Notre tube digestif abrite pas moins de 1013 micro-organismes (plus d’un billion) selon l’Inserm, soit autant que le nombre de cellules qui constituent notre corps

 

Une analyse des données d’une trentaine d’études a indiqué des différences notables dans le microbiote entre les athlètes et les personnes menant une vie sédentaire : les athlètes avaient une plus grande diversité du microbiote, un lien a été trouvé avec une augmentation de la diversité α chez les professionnels et les athlètes hautement qualifiés, avec le contenu relatif de séries de bactéries (Methanobrevibacter smithii chez les cyclistes professionnels ; Parabacteroides, Phascolarctobacterium, Oscillibacter, Bilophila, Megasphaera chez les athlètes de haut niveau en arts martiaux de wushu ; Eubacterium rectale, Polynucleobacter needarius, Faecalibacterium prausnitzii, Bacteroides vulgatus, Gordonibacter massiliensis chez les athlètes de niveau international de divers sports), et certains genres de bactéries ont été identifiées (Parabacteroides, Phascolarctobacterium, Besilibacterium).

 

Les micro-organismes intestinaux affectent de manière significative la nutrition de l’hôte, la fonction métabolique, le système immunitaire et les niveaux redox, et peuvent être modulés par plusieurs conditions environnementales, y compris l’activité physique et l’exercice.

 

L’exercice physique est un modulateur positif possible de la composition du microbiote intestinal,

 

Le microbiote peut influencer la physiopathologie de plusieurs organes à distance dont le muscle squelettique avec régulation de l’anabolisme et de la fonction musculaire, médié par le système immunitaire, lui-même influencé par la composition du microbiote intestinal. Le rôle des AGCC dont le n butyrate semble important pour beaucoup d’auteurs en tant que régulateur clé de la production d’énergie et de la fonction mitochondriale.

 

Le microbiote agit également comme un organe endocrinien et est sensible aux changements homéostatiques et physiologiques liés à l’entraînement ; à son tour, il a été démontré que l’exercice augmente la diversité du microbiote, améliorant ainsi le profil métabolique et les réponses immunologiques D’autre part, l’adaptation à l’exercice pourrait être influencée par le microbiote intestinal individuel qui régule l’équilibre énergétique et participe au contrôle de l’état inflammatoire, redox et hydrique. L’exercice d’endurance intense entraîne des exigences physiologiques et biochimiques et nécessite des mesures adéquates pour contrer le stress oxydatif, la perméabilité intestinale, le déséquilibre électrolytique, l’épuisement du glycogène, les infections fréquentes des voies respiratoires supérieures, l’inflammation systémique et les réponses immunitaires. Le microbiote pourrait être un outil important pour améliorer la santé générale, les performances et la disponibilité de l’énergie tout en contrôlant l’inflammation et les niveaux redox chez les athlètes d’endurance. La relation entre le microbiote intestinal, la santé générale, l’adaptation à l’entraînement et la performance, ainsi qu’un accent sur les suppléments sportifs connus pour exercer une certaine influence sur le microbiote, seront discutées.

 

Au final, on note des relations complexes entre l’exercice et le microbiome et ses implications possibles sur la performance sportive sont examinées et discutées. On parlera des améliorations récentes et substantielles des connaissances dans ce domaine depuis ces dernières années.

 

Cette édition sera présentée par Dr Frédéric DEPIESSE, Médecin du sport

 

Médecin du sport, physiologiste de l’Exercice, spécialiste en Médecine Physique et de Rééducation (MPR)

Praticien Hospitalier en MPR au CH de Chalons en Champagne ,et Médecin du sport à l’Institut Mutualiste de Montsouris à Paris .

Impliqué dans le sport de haut-niveau au long de sa carrière dans le monde fédéral sportif depuis 30 ans

Participe comme médecin aux JO de 2008 avec l’équipe Olympique d’Athlétisme,

Membre des Commissions Médicales Françaises, Européennes et Mondiales des fédérations d’Athlétisme de 2004 à 2019.

Médecin fédéral national la Fédération Française de Hockey et la Fédération Française du Sport Universitaire.

Il s’intéresse aussi au sport loisir et depuis une vingtaine d’année au sport pour la santé puis à l’activité physique pour la santé, sur lesquels il a rédigé plusieurs ouvrages de référence.

Conseiller scientifique pour la collection de médecine du sport chez les éditions Elsevier-Masson où il a écrit et collaboré à de nombreux livres. (www.elsevier-masson.fr/sport)

Il conseille aujourd’hui le CNOSF et le MédicoSport-Santé ( accessible sur Vidal.fr) créé par Alain CALMAT en 2011-dont il est co-fondateur.

AW #5 : Défense des produits alimentaires d’origine France par l’authentification analytique

Défense des produits alimentaires d’origine France par l’authentification analytique

La protection économique des consommateurs repose sur un strict respect de la réglementation relative à l’exercice de la libre concurrence entre opérateurs économiques. La vérification des allégations sur la nature et la qualité des denrées alimentaires s’inscrit pleinement dans ce cadre. En termes de contrôle de la loyauté d’une revendication d’origine, l’analyse documentaire en enquête peut permettre une exploitation propre à mettre en évidence d’éventuels manquements. Pour autant, le recours aux laboratoires s’inscrit comme un complément précieux aux contrôles, voire une solution alternative en l’absence d’éléments de preuves. Pour la revendication d’une origine donnée (origine protégée, géographique, etc) en matière de produits alimentaire dont le vin, la stratégie analytique à déployer s’appuiera sur les méthodes d’authentification qui couvrent un plus large domaine que cette problématique précise.

Cette édition sera présentée par FREDERIC  SALTRON, Responsable du Département scientifique du Service Commun des Laboratoires.

 

Frédéric Saltron est de formation universitaire, spécialisé en techniques d’analyses et plus particulièrement en spectrométrie de masse. A fait toute sa carrière depuis 1994 dans le réseau des laboratoires de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes et de la Douane (devenu le SCL), dont 17 ans au labo de Marseille, spécialisé dans les arômes et les techniques d’authentification puis comme res

ponsable du double site de Paris-Massy de 2013 à 2018. En 2018, a rejoint l’Unité de Direction en tant qu’adjoint du chef de service. Est également responsable du Département scientifique du SCL qui assure la coordination et le pilotage scientifiques du réseau.

AW #2 : Comment le procédé et la formulation peuvent-ils influencer la viabilité et la fonctionnalité des bactéries lactiques dans les aliments.

Comment le procédé et la formulation peuvent-ils influencer la viabilité et la fonctionnalité des bactéries lactiques dans les aliments.

Par Claire GAIANI

 

Les capacités adhésives des bactéries sont indissociables de leur survie au sein de nombreux environnements. Elles leur permettent de se nourrir, de se déplacer, de résister au stress et de coloniser différents milieux. Les interactions adhésives bactéries-hôte sont responsables de la mise en place d’infections dans le cas des bactéries pathogènes, mais peuvent aussi générer des bénéfices santé chez l’hôte dans le cas de bactéries probiotiques, telles que les bactéries lactiques (LAB).

Les LAB forment un groupe de bactéries Gram positif, non sporulantes qui produisent de l’acide lactique comme composé principal de leur catabolisme. Elles sont très utilisées comme levains en agroalimentaire et, plus récemment, ont suscité un intérêt accru du fait de leur potentiel probiotique. Afin de prodiguer leurs effets santé à l’hôte, ces bactéries doivent arriver dans l’intestin à la fois vivantes et fonctionnelles. Des stratégies ont donc été développées afin d’assurer leur protection jusqu’à leur relargage dans l’intestin. Récemment, des phénomènes d’adhésion ont également été observés entre LAB et composants de la matrice alimentaire, notamment au sein de certaines viandes, céréales et produits laitiers. Ces interactions sont susceptibles de jouer un rôle important en termes de protection et d’efficacité de relargage des probiotiques dans l’intestin, qui a été mis en avant par plusieurs revues de la littérature. Des études récentes ont montré que l’adhésion bactérienne aux composants alimentaires pouvait notamment moduler la distribution des bactéries dans l’aliment, modifier les propriétés rhéologiques de la matrice, et entrer en compétition avec l’adhésion aux cellules intestinales. Ces interactions adhésives sont possibles grâce à la présence de protéines à la surface des cellules bactériennes, dont font partie les pili. Ces protéines de surface sont sensibles au stress pouvant être généré lors de certaines étapes industrielles de fabrication alimentaire ou fermentaire, susceptibles d’endommager la paroi des cellules et donc d’engendrer une diminution des capacités adhésives bactériennes. L’atomisation de suspensions bactériennes, en particulier, ainsi que les étapes de brassage du lait génèrent un stress de cisaillement conduisant à des modifications significatives de la surface bactérienne. Cependant, la majorité des études menées jusqu’à présent sur l’adhésion bactérienne aux composants de l’aliment se sont concentrées seulement sur quelques souches. Il est par conséquent difficile d’avoir une vision d’ensemble du phénomène d’adhésion bactérienne aux composants de la matrice alimentaire à l’échelle de groupes de souches, tels que le groupe LAB. Le développement d’outils permettant de caractériser l’adhésion et ses effets sur les bactéries au sein de matrices alimentaires répondrait donc au besoin de l’industrie de mieux comprendre les conditions permettant d’améliorer ou de réduire la viabilité et la fonctionnalité des bactéries probiotiques à l’échelle du groupe LAB. En particulier, une meilleure compréhension de l’impact d’étapes industrielles génératrices de stress pour les bactéries permettrait d’optimiser les procédés de fabrication en vue d’un meilleur relargage des probiotiques dans le tractus intestinal.

AW #4 : Eco-conception des produits durables

Eco-conception pour des produits durables

 

Les produits que nous achetons, consommons et jetons in fine, se doivent d’être aujourd’hui éco-conçus pour fournir au client des fonctionnalités ayant leur juste utilité, pour contribuer à son bien-être et à sa santé tout en respectant l’environnement au sens le plus large.
Origine des matières premières, procédés de transformation, distribution, usage fait par le consommateur, et fin de vie des produits sont maintenant au cœur des stratégies des entreprises sous la pression médiatique, des réseaux sociaux et d’une jeunesse en quête de sens.

Réelle prise de conscience ou marketing politique, financier et industriel ?

 

De la limitation des ressources de la planète au traitement et recyclage de nos déchets, nous aborderons le thème de l’économie circulaire à travers plusieurs exemples de filières industrielles telles que la chimie dont les plastiques, la cosmétique, le l’habillement, les peintures.

 

 

Cette édition sera présentée par PHILIPPE GIRARDON, Président de l’ACIA, Secrétaire Général de la SECF, administrateur de l’École de Biologie Industrielle (Cergy), ancien Fellow du Groupe Air Liquide expert en technologie alimentaire  

Formation ; Institut Agro Dijon, anciennement ENSBANA (École Nationale Supérieure de Biologie Appliquée à la Nutrition et à l’Alimentation)

AW #6 : Matériaux plastiques au contact des aliments : les risques posés par l’économie circulaire

Matériaux plastiques au contact des aliments : les risques posés par l’économie circulaire

 

Dans un contexte réglementaire exigeant (règlement cadre UE 1935/2004, futur règlement européen Packaging, Packaging Waste Regulation « PPWR », loi française AGEC N°2020-105), la transition vers des emballages plus durables pose un défi majeur : assurer la sécurité des matériaux recyclés et réutilisés pour le contact alimentaire. Cette nécessité se heurte à l’obstacle de la contamination par des substances potentiellement dangereuses, un problème exacerbé par les techniques actuelles de recyclage mécanique. Malgré des efforts pour réduire les risques, comme la sélection de matériaux d’origine alimentaire à 95% pour le recyclage, des inquiétudes subsistent, notamment en raison de la contamination croisée et de la persistance de contaminants non volatils.

Le polyéthylène téréphtalate (PET) se distingue comme le seul matériau ayant satisfait aux exigences strictes pour le contact alimentaire, bien que des signes d’altération chimique soulèvent des questions sur la durabilité à long terme de cette solution. Par contraste, les polyoléfines, en raison de leur nature caoutchouteuse et fortement formulée, présentent des risques accrus de contamination au cours de leur cycle de vie.

Face à ces défis, l’approche actuelle de la gestion des matériaux recyclés est insuffisante. Elle repose sur des techniques analytiques non ciblées qui, bien qu’utiles, ne fournissent pas une image complète de la contamination ni des moyens efficaces pour évaluer les risques associés. La modélisation mathématique offre un outil précieux pour simuler la migration des contaminants et évaluer les risques potentiels, mais elle ne peut pas à elle seule garantir l’absence de danger, particulièrement pour les substances génotoxiques.

L’ampleur des défis liés à l’économie circulaire exige une réévaluation fondamentale de notre approche de la sécurité des matériaux d’emballage. Cela inclut le développement de nouvelles méthodologies pour identifier et quantifier les contaminants, ainsi que pour évaluer l’impact toxicologique de mélanges complexes. De plus, une meilleure compréhension des flux de matières et la capacité de tracer l’origine et la trajectoire des matériaux sont cruciales pour orienter de manière adéquate les matériaux recyclés vers les applications les plus sûres.

Les travaux menés par l’UMT SafeMat et l’UMR SayFood, en collaboration avec des partenaires académiques, industriels et réglementaires en Europe et aux USA, visent à combler ces lacunes. Notre objectif est de développer un cadre scientifique robuste pour évaluer et gérer les risques associés aux matériaux d’emballage dans l’économie circulaire, assurant ainsi la sécurité alimentaire et la durabilité environnementale.

Cette édition sera présentée par Olivier VITRAC, Directeur de Recherche INRAE

 

Olivier Vitrac est directeur de recherche à l’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement), au sein l’unité mixte de recherche SayFood « Paris-Saclay Food Bio-Product and Engineering » basée sur le nouveau campus Agro de l’Université Paris-Saclay. Il est le coordinateur scientifique de l’unité mixte technologique SAFEMAT “Matériaux d’emballage sûrs” 22.07 entre le Laboratoire National de métrologie et d’Essais (LNE) et AgroParisTech. Cette unité technologique est accréditée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et est un laboratoire compétent pour l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments.

 

Olivier Vitrac a étudié les Mathématiques Appliquées (Université de Dijon), l’Agroalimentaire à l’Institut Agro (Dijon, France, diplôme d’ingénieur) et le Génie des Procédés à l’ESPCI (Paris, M.Sc). Après un doctorat à AgroParisTech et une habilitation en Génie Chimique (ENSIACET, Toulouse), il a travaillé pendant 20 ans sur le développement de la modélisation de la migration, des méthodologies de gestion des risques et des approches de modélisation multi-échelles. Son groupe de recherche, «  modélisation et ingénierie par le calcul » de l’unité de recherche SayFood (UMR 0782 “Ingénierie des Aliments & Bioproduits de Paris-Saclay”) a déménager cet été sur le campus de l’Université Paris-Saclay et se concentre sur la connexion des simulations atomistiques à l’échelle alimentaire. Il a rédigé plus de 100 publications et a coordonné plusieurs projets de recherche collaborative publique et privée. Il est expert pour plusieurs agences, y compris la DG-Santé et la FDA américaine. Olivier Vitrac a été chercheur au Centre International d’Agriculture Tropicale (CIAT, Cali, Colombie), professeur/scientifique invité à l’Université d’État du Michigan (School of Packaging, East-Lansing, MI, USA) et à la FDA (WEAC : Centre d’Analyse Technique et d’Ingénierie de Winchester, Boston, MA, USA). Il est membre de comité éditorial de plusieurs journaux dont Journal Food Engineering.

 

Lien LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/olivier-vitrac-safemat/

Lien Orcid : https://orcid.org/0000-0001-7787-5962

UMR 0782 Paris-Saclay Food and Bioproduct Engineering entre AgroParisTech et INRAE | Campus Agro Paris-Saclay | 22 place de l’agronomie | 91120 Palaiseau

UMT ACTIA 22.07 SafeMat “Matériaux d’emballage sûrs” entre le LNE et AgroParisTech/INRAE.